14.02 | Gros Câlin (théâtre)

JEUDI 14 FÉVRIER 2013

DINER-SPECTACLE à partir de 19 h 30 / 20 € (théâtre musical)

Restaurant “DES GALETS BLEUS LA NUIT”,  18 rue Pailleron, 69004 LYON

Petit lieu x-roussien et très bonne cuisine !! Réservations vivement conseillées auprès de Brigitte au 04.78.29.60.14

GROS-CÂLIN d’après  un texte de Romain GARY

Un spectacle tout-terrain, en rapport constant avec le public, une plongée intimiste dans l’univers  subtil et décalé du grand Romain Gary…Une pièce sur la solitude et le désir d’amour, pour un bouquet  de violettes, un ascenseur, un python d’appartement, un violoncelle, et deux anonymes dans le Grand Paris.

L’histoire

Aujourd’hui, Michel Cousin, modeste statisticien, a décidé de s’épancher. Les mots s’échappent de son esprit tortueux comme la vapeur d’une soupape, s’embrouillent, se nouent, vacillent, se noient, et  retombent parfois sur leurs pieds dans de  rusques sursauts d’enthousiasme. Dans une langue qui  n’appartient qu’à lui, ce joyeux désespéré livre au spectateur les petits drames et les bonheurs insignifiants  de sa vie. On rit, et l’instant d’après on a honte d’avoir ri, mais Cousin s’en moque : n’importe quoi  plutôt que l’indifférence…

Du roman au spectacle

« Gros-Câlin » est né de l’envie d’apporter le théâtre et la littérature dans les lieux où ils n’ont pas  l’habitude d’aller. Il fallait donc pour cela un texte relativement court, accessible à tous, susceptible d’être mis en scène sans trop de contraintes techniques. La découverte du roman de Romain Gary fut une  véritable révélation : ce personnage inclassable, bavard, drôle et tragique à la fois, ne demandait qu’à sortir  de ses pages pour aller à la rencontre d’un auditoire.

L’idée de soutenir le texte avec un univers sonore s’est rapidement imposée, jusqu’à devenir  indispensable : aujourd’hui, « Gros-Câlin » n’est plus un monologue, mais bien un dialogue entre l’acteur  incarnant au milieu du public le personnage dans tous ses états, et la violoncelliste-chanteuse-bruiteuse,  part d’ombre de celui-ci.

Une pièce unique

Ce qui fait de « Gros-Câlin » un évènement singulier, c’est sa capacité d’adaptation, voulue dès le  départ. En effet, la très grande intimité avec le public et la volonté de pouvoir jouer presque n’importe où imposaient à ce spectacle de se recréer à chaque représentation, en fonction des espaces, des spectateurs,  et du contexte dans lequel il est programmé. Chaque élément présent (tables, chaises, nourriture, téléphone, fenêtre, plante, spectateurs, paysages…) peut faire partie du spectacle à un moment ou à un  autre. La pièce ne nie pas l’environnement mais, sans jamais sortir du texte de Gary, l’intègre à l’histoire,  pour mieux vivre l’instant.

C’est, somme toute, notre définition du « spectacle vivant ».

Extraits

“-Il paraît que vous élevez un python ?

-Oui, il a déjà deux mètres vingt.

-Et il continue de grandir ?

-Non, je ne crois pas qu’il devienne plus grand. Il prend déjà toute la place que j’ai à lui offrir.

-Ça ne doit pas être commode de vivre tout le temps avec un reptile.

-C’est une question que je ne lui ai jamais posée, monsieur le directeur.”

(…)

“Cela fait maintenant dix mois que je prends tous les matins l’ascenseur en compagnie de Mlle Dreyfus, et en additionnant les temps de parcours, on arrive à un total assez impressionnant.

Il y a onze étages, et pour me changer les idées, je donne un nom différent à chaque étage: Bangkok, Ceylan, Hong-Kong, Singapour… comme si je faisais une croisière avec Mlle Dreyfus. C’est marrant, quoi.”

(…)

“J’ai pris Gros-Câlin sur mes épaules, et nous sommes restés là, un bon moment, à nous sentir bien ensemble. Beaucoup de gens se sentent mal dans leur peau, parce que ça n’est pas la leur.”

(…)

” Et puis, il y a les petits riens.

Une lampe qui se dévisse peu à peu sous l’effet de la circulation extérieure et qui se met à clignoter.

Quelqu’un qui se trompe d’étage et qui vient frapper à ma porte.

Un glouglou amical et bienveillant dans le radiateur.

Le téléphone qui sonne et une voix de femme, très douce, très gaie, qui me dit :

«Jeannot ? C’est toi, chéri ? », et je reste un long moment à sourire, sans répondre, le temps d’être Jeannot et chéri…

Dans une grande ville comme Paris, on ne risque pas de manquer.”

La Presse

« Michel Cousin nous raconte son histoire dans la lumière chaude et tamisée d’une scénographie de cabaret : nous assistons aux ” épanchements de comptoir d’un petit fonctionnaire amoureux, l’histoire intime et anonyme d’une solitude dans le grand Paris”. Mademoiselle Dreyfus et “son doux accent des îles” tourneboule Michel Cousin dont les émotions sont sens dessus dessous. Gros Câlin, son python domestique et lui, vont tenter de la séduire.

Le texte du Roman de Romain Gary, adapté pour le spectacle est absolument savoureux. Les mots sont maîtrisés, le phrasé rythmé dans une succession d’images et de métaphores drôles, hilarantes, attristantes, rêveuses… L’adaption donne lieu à un monologue très bien interprété par le comédien Yannick Barbe et tout le long accompagné par les sons du violoncelle et la voix de Catherine Exbrayat.

Le monologue écrit s’entrecroise avec un dialogue musical entre violoncelle, accordéon et voix : que des compositions originales et prenantes.

Ma voisine, que je ne connaissais pas, m’a dit qu’elle était venue juste pour ré-écouter ce texte qu’elle adore, qu’elle a lu et déjà vu adapté au théâtre. Et ce soir, elle sortait ravie de l’interprétation qu’elle venait de voir ! J’ai passé un très beau moment, intime et chaleureux. J’ai ri, j’ai souri, j’ai été étonnée, j’ai dégusté… Et surtout, j’ai découvert un très bon comédien, de très bons musiciens et un excellent texte !

Je vous recommande “Gros Câlin”, par la compagnie Papier de Verre ! »

Article paru sur le site Happy Culture

Pour tout savoir

Mise en scène, jeu et accordéon : Yannick Barbe

Arrangements, voix et violoncelle : Catherine Exbrayat

avec la complicité de : Marco Rullier, Nathalie Alarcon

Mlle Exbrayat est habillée par ehop ! créations